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Mon avis

Le Jeanbrun : mon avis honnête, sans langue de bois

Bon plan ou piège à défiscalisation ? Ça dépend surtout de vous. Je vous explique.

Par Fred · 9 min de lecture

Mon bureau du dimanche matin : café, carnet et calculette.
Mon bureau du dimanche matin : café, carnet et calculette.

Mon avis tient en trois phrases : le Jeanbrun peut être un bon outil pour réduire l’impôt sur vos loyers, mais ce n’est pas une réduction d’impôt. Il faut pouvoir tenir la location dans la durée et regarder ce que vous sortez de votre poche chaque mois. Votre tranche d’impôt compte, mais elle ne fait pas tout.

Le Jeanbrun en une minute

Vous achetez un appartement dans un immeuble collectif, puis vous le louez nu, comme résidence principale, avec un loyer plafonné. Vous vous engagez à le louer pendant au moins 9 ans et à respecter les règles de location.

En échange, vous pouvez déduire chaque année une partie du prix du logement de vos revenus locatifs. C’est l’amortissement : imaginez que le fisc considère qu’un appartement s’use avec le temps et vous laisse déduire une part de sa valeur, petit à petit. Ce n’est pas une somme versée sur votre compte.

Dans le neuf, en location intermédiaire, le calcul de base est de 3,5 % sur 80 % du prix, hors frais. Le terrain, fixé à 20 % dans le calcul, n’est pas amorti. Le montant déduit est plafonné à 8 000 € par an et par foyer fiscal dans cette catégorie.

Exemple : 220 000 € × 80 % × 3,5 % = 6 160 € d’amortissement par an.

Ce montant vient réduire vos revenus locatifs imposables. Il ne signifie pas que vous économisez 6 160 € d’impôt. La différence est importante, et les promesses commerciales jouent parfois un peu trop avec elle.

Le dispositif concerne les acquisitions réalisées du 21 février 2026 au 31 décembre 2028. Il n’y a pas de condition de revenu pour y accéder, mais il faut respecter les critères du logement, du loyer et de la location.

Ce que j’aime dans le Jeanbrun

Il agit sur les loyers, pas sur une promesse de cadeau fiscal

La mécanique est assez simple une fois le mot « amortissement » traduit. Vous déduisez une charge calculée de vos loyers, ce qui peut réduire l’impôt dû sur ces loyers. C’est utile à comprendre avant de regarder un chiffre mis en gros sur une brochure.

Il ne réserve pas le dispositif aux hauts revenus

Vous n’avez pas besoin d’atteindre une tranche d’impôt particulière pour être concerné. En revanche, l’intérêt financier peut beaucoup changer d’un profil à l’autre. Un dispositif accessible à tous n’est pas forcément intéressant pour tous. Petite nuance qui mérite mieux qu’une astérisque.

Le choix du niveau de loyer peut changer le calcul

Il existe plusieurs catégories de location. Le taux d’amortissement peut être plus élevé en social ou en très social, mais les loyers et les ressources des locataires sont alors encadrés différemment. Je ne choisirais pas une catégorie uniquement pour afficher un taux plus flatteur.

Il laisse une place aux charges habituelles

Les intérêts d’emprunt, la taxe foncière et certaines autres charges peuvent aussi entrer dans le calcul des revenus fonciers. Elles ne sont pas comprises dans le plafond annuel de 8 000 €, qui porte sur l’amortissement. Le résultat dépend donc du bien et du financement, pas du seul taux affiché.

Ce qui me gêne

Il faut sortir de l’argent chaque mois

Un avantage fiscal ne paie pas la mensualité du crédit. Même avec des loyers, il peut rester un effort mensuel à fournir. Et cet effort doit tenir dans votre budget sans compter sur une hausse des prix ou sur un locataire parfait, qui existe surtout dans les tableaux Excel.

Vous vous engagez pendant 9 ans

Vous devez louer le logement nu comme résidence principale et respecter les plafonds de loyer. La mise en location doit intervenir dans les 12 mois. Si vous vendez trop tôt ou si vous ne respectez pas les engagements, les amortissements déjà déduits peuvent être réintégrés dans vos revenus fonciers.

La revente demande un calcul à part

Je vous entends déjà : « Et si je revends ? » Les amortissements déduits peuvent augmenter la plus-value imposable au moment de la vente. La plus-value, c’est la différence entre le prix de vente et le prix retenu pour le calcul fiscal. Autrement dit, une partie de l’avantage obtenu pendant la location peut se payer à la sortie.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut jamais revendre. Ça veut dire qu’on ne peut pas juger le Jeanbrun en regardant uniquement l’impôt économisé pendant la location.

Le loyer plafonné ne crée pas de demande

Un plafond est un maximum autorisé, pas une garantie que le logement se louera à ce prix. À Toulouse, par exemple, le loyer retenu dans le cas chiffré ci-dessous est de 599 € par mois, alors que le plafond indiqué est de 773 €. Le plafond est donc au-dessus du loyer estimé dans cet exemple : il ne permet pas de gonfler le loyer réel.

Mon avis selon votre tranche d’impôt

Pour comparer les profils, je prends le même exemple : un T2 neuf à Toulouse, sans apport, loué en intermédiaire. Le simulateur retient un loyer de 599 € par mois et un amortissement de 6 160 € par an. L’effort mensuel indiqué correspond à ce qui sort de votre poche en moyenne sur 9 ans, après l’économie d’impôt.

Votre tranche d’impôt Impôt en moins sur 9 ans Effort par mois Ma note pour ce profil
0 % Pas de cas chiffré fourni Pas de cas chiffré fourni 1/10
11 % 6 098 € 614 € 3/10
30 % 16 632 € 500 € 6/10
41 % 22 730 € 434 € 7,5/10
45 % 24 948 € 410 € 8/10

Ce sont des exemples de simulateur, pas une promesse de résultat. Les hypothèses retenues comprennent notamment un crédit sur 25 ans à 3,45 %, une assurance à 0,30 % et des charges définies pour le calcul. Votre financement, votre logement et votre situation fiscale peuvent donner un autre résultat.

Vous êtes à 11 % ? Regardez bien le rapport entre l’impôt en moins et l’effort mensuel. Dans cet exemple, 6 098 € d’impôt en moins sur 9 ans ne font pas disparaître les 614 € qui sortent de votre poche chaque mois. Pour moi, le projet doit surtout tenir debout sans compter sur le Jeanbrun.

À 30 %, l’effet devient plus visible : le simulateur estime 16 632 € d’impôt en moins sur 9 ans, avec un effort moyen de 500 € par mois. C’est plus convaincant, mais cela ne transforme pas automatiquement le logement en bonne affaire. Il faut toujours regarder le prix, les loyers possibles et la revente.

À 41 % ou 45 %, l’économie estimée augmente et l’effort mensuel baisse dans cet exemple. C’est là que le mécanisme peut devenir plus intéressant. Mais si vous ne pouvez pas garder le bien assez longtemps, ou si le budget mensuel est trop serré, votre tranche d’impôt ne réparera pas le problème.

Pour une tranche à 0 %, je donne 1/10 à ce profil : il n’y a pas d’impôt sur le revenu à réduire avec ce mécanisme. Je ne vous invente pas un effort mensuel ou une économie pour compléter le tableau. Un autre motif d’investissement peut exister, mais le Jeanbrun seul me paraît peu convaincant dans ce cas.

Alors, arnaque ou pas ?

Non, le Jeanbrun n’est pas une arnaque : c’est un dispositif prévu par la loi, avec des règles et des contraintes. Mais une opération présentée comme « jusqu’à 90 000 € » mérite une question toute simple : jusqu’à 90 000 € de quoi ? D’amortissements déduits, d’impôt en moins, ou d’un calcul qui mélange plusieurs hypothèses ?

Un amortissement n’est pas une économie d’impôt du même montant. Pour estimer l’impôt en moins, il faut regarder les loyers, les charges, le crédit et votre situation. Et pour juger l’investissement, il faut aussi penser à l’argent sorti chaque mois et à la revente.

Mon filtre avant de signer : vérifiez le loyer réellement envisageable, le coût mensuel après loyers et impôt, les conditions de location et ce qui se passe si vous revendez. Si le projet ne fonctionne que grâce à un gros chiffre fiscal, je passerais mon tour.

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Mon verdict

Pour le profil du T2 toulousain sans apport, je mets 6/10 à 30 % : l’impôt en moins est visible, mais l’effort moyen reste de 500 € par mois et la revente demande un calcul sérieux. À 11 %, je descends à 3/10 ; à 41 % et 45 %, je monte à 7,5/10 et 8/10, sans oublier que ce sont des simulations, pas des garanties.

Mon avis général : le Jeanbrun peut aider si vous avez le bon budget, le bon horizon et un logement qui se loue réellement aux conditions prévues. Si vous voulez vérifier votre propre situation, parlez-en avec un conseiller : il pourra reprendre vos chiffres et voir si le projet tient aussi sans promesse fiscale.

Fred, l’auteur de ce blog (nom de plume). Je décortique le Jeanbrun avec des exemples chiffrés, fictifs mais réalistes. Comment je travaille.

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